Triathlon de l’Eau d’Heure 2014 : le déc-eau d’heure

Publié le par olirun

14H34 ce dimanche 1er juin, barrage de la plate taille. Je viens de rentrer dans l’eau et m’avance vers la ligne de départ entre deux canots. Le départ va être donné et ce sera parti pour la deuxième compétition de ma saison qui n’en comptera que quatre. Un mois après l’Ironmanneke de Bruxelles, je double les distances vu qu’il s’agit d’un quart de triathlon : 1500 mètres de natation, 42 bornes en vélo et 10 kilomètres en courant.

 

L’eau est froide, très froide et c’est avec un certain soulagement que je devine que la course est lancée et que je commence à nager vers la première bouée jaune. Les mouvements sont fluides et je dépasse ceux qui préfèrent la brasse. Je prends quelques coups mais rien de bien méchant. J’ai repéré une combinaison aux manches blanches qui nage quelques mètres devant moi et me suis calé dans son sillage. Ces premières minutes sont bonnes, je ne m’affole pas, ne suis pas en surrégime et me laisse guider par mon poisson pilote. Alors qu’on approche de la deuxième bouée, nous sommes rattrapés par les premières dames qui, parties peu après nous, ont déjà refait leur retard et nous déposent littéralement sur place. Elles sont impressionnantes de facilité et de fluidité.  

Les minutes passent lentement, je dépasse les deuxième, troisième et quatrième bouées et aperçois au loin la ligne d’arrivée. Par rapport à mon premier quart effectué l’an passé, je nage bien en ligne droite, sans zigzag coûteux en énergie et sors enfin de l’eau. Rapide coup d’œil au chrono : 34’ ! Une petite déception car j’envisageais descendre sous la demi-heure. On m’a dit par la suite qu’il y avait plus de 1500 mètres en réalité.

Soit, je cours vers le parc à vélo en enlevant ma combi et rejoins mon destrier. La plupart des candidats sont déjà partis mais je me change vite, enfile mon casque, attrape deux biscuits et cours vers la sortie du parc. C’est parti pour 3 boucles de 14 kilomètres pour le moins accidentées.

Petit flashback, jeudi 29 mai à 8H30 : je suis en repérage sur le site. J’effectue 2 tours pour me rendre compte de l’âpreté du parcours vélo que d’aucuns décrivent dantesque. Et pour cause : 14 kilomètres jamais plats parsemés de côtes dont Falemprise (12%), Ry Jaune (10%) et le petit Poggio (9%). A l’issue de ce repérage, je ne me fais guère d’illusion. Terminer le triathlon sous les 3 heures est utopique et je revois mes ambitions à la baisse : rentrer sous les 3H15 me conviendra très bien. Je suis là pour apprendre.

Retour sur mon vélo pour ce premier tour ce dimanche. Le parcours commence par une longue descente et alors que je termine celle-ci, un cri surgit parmi les concurrents proches. Chute, chute ! Effectivement, 200 mètres devant moi, un concurrent gît couché à côté de son vélo, je ralentis et passe à côté de l’infortuné ! C’est une dame et soudain, un doute m’assaille ! Put…, c’est Mumu, la copine avec qui je devisais avant de partir, celle qui m’a aidé à enfiler ma combi et avec qui je déconne sur facebook de temps à autres. Hors de question de la laisser là et je m’arrête, fais demi-tour et reviens à sa hauteur. Je descends de vélo et constate que la concurrente s’est assise sur la chaussée, entourée de spectateurs accourus pour lui porter secours. Alors que je m’approche, elle enlève son casque et laisse apparaître une épaisse chevelure blonde. Ce n’est pas Murielle et apparemment, cette concurrente souffre mais est hors de danger. Je ne m’attarde donc pas sur place et reprends la course, abandonnant quelques minutes dans l’aventure mais je n’aurais pas su continuer avec ce doute affreux.

La première difficulté se profile face à moi et je suis les conseils du coach : passer les bosses sans forcer, en moulinant sur le petit plateau. Je suis assez surpris de l’aisance avec laquelle j’arrive au sommet et plonge dans la descente vers le Ry Jaune, un coup d’œil à la Garmin et elle affiche 67 km/h. Deuxième difficulté passée sans encombre et me voilà de nouveau dans la descente vers Silenrieux ou après un virage en épingle bien serré, je me retrouve face au petit Poggio. 800 mètres à 9% de moyenne. Je me surprends à dépasser quelques concurrents et, à part les pros juchés sur des avions de chasse futuristes qui jouent la gagne, je ne suis pas ridicule.

Fin du premier tour et le chrono est, au-delà de toute espérance, bien plus rapide que prévu. Tout doucement, je me dis que descendre sous les 3 heures n’est peut-être pas tout à fait utopique mais il ne faut rien lâcher. Deuxième et troisième tours se passent sans aucun problème, je monte les difficultés à ma main et plonge dans les descentes à plus de 60 km/h. Je ferai un deuxième tour rapide et un dernier encore plus rapide. Le chrono est déclenché depuis 2H10 quand je rentre dans le parc à vélo pour y déposer ma machine. Le coup est jouable mais il ne faut pas craquer en course à pieds.

La transition se passe bien, en moins de deux minutes, j’ai déposé le vélo, abandonné le casque au profit de la casquette, chaussé mes Glycerin et me présente au départ du 10 kilomètres. Le chrono court depuis 2H12 et il me reste 48’ pour descendre sous les 3H, ce qui constituait encore un doux rêve trois jours plus tôt.

Très vite, les sensations sont là, les jambes sont bonnes et ne semblent pas accuser de fatigue excessive. Je me cale dans un rythme volontairement lent pour ces premiers hectomètres. Hors de question de brûler toutes mes cartouches dès l’entame du circuit. Le panneau du premier kilomètre est en vue quand je décide d’accélérer. Je dépose les concurrents un à un et je pense que sur toute la durée de la course, je dois en avoir dépassé une grosse centaine. Les jambes tournent très facilement et je me ravitaille en eau et en boisson énergétique à chaque passage sous la tente dédiée à cet effet. Au moment où je termine la première boucle, je sais qu’à moins d’une défaillance grave, je vais y arriver. Cette pensée me donne des ailes et je ne sens pas la fatigue. Les kilomètres s’égrènent sans difficulté et Mumu que je croise, me crie que le sub 3H est possible. Je suis dans ma bulle et ne pense plus qu’à cela, le regard loin, porté vers l’arche d’arrivée que je devine entre les arbres. Je débouche sur la plaine, avale un gel énergétique pour ne pas craquer et accélère pour passer sous l’arche 2H55 après le départ. Incroyable, j’ai fait les 10 kilomètres de course en moins de 43 minutes, moi dont le record sur la distance est de 41’36…   

Ces chronos devront encore être affinés par les temps officiels mais la Garmin ne ment de toutes façons pas, j’y suis arrivé et suis donc très content. L’entraînement paie, c’est une certitude.

 

Prochain rendez-vous le 6 juillet à Gravelines pour le Chtriman, une autre paire de manches car ce sera un demi-ironman : 3000 mètres de natation, 90 kilomètres de vélo et un semi-marathon. La vie est courte, il faut la vivre pleinement !     

Publié dans Compte-rendus

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