La chièvres du triathlon...

Publié le par olirun

Au cours d’un premier semestre 2013 entièrement consacré à la cap avec, entre autres, le marathon d’Anvers, j’avais complètement délaissé vélo et natation. Ma combinaison en néoprène pendant nonchalamment à un cintre dans la cave me rappelait de temps à autres que si je l’avais achetée, ce n’était pas pour prendre les poussières à côté de la chaudière.

Il me fallait un déclic et en fait de déclic, ce fût plutôt une claque fin juin quand j’ai passé ma journée entière à suivre les tribulations de Laurence et Patrick à l’Ironman de Nice. Rafraîchissant la page internet toutes les 3 minutes afin de voir où ils en étaient dans cette épreuve hors normes.

Et si je consacrais mon été au triathlon ? Et si je m’inscrivais à Chièvres sur le quart ? Pas évident, je n’ai plus nagé depuis 9 mois et déjà à l’époque, je tenais plus de l’enclume que du requin marteau…

Soit, après quelques secondes d’hésitation, je me lance, m’inscris et me concocte un petit programme d’entraînement qui alterne tous les trois jours natation, vélo et CAP en mode mineur car mes articulations et muscles ont bien souffert par ce début d’année trop chargé (1200 kil en 6 mois).

Assez rapidement, les sensations sont bonnes en natation et je parviens à aligner les 1500 mètres sans pullboy en un petit mois. Au niveau du vélo, je m’offre une machine plus performante et un guidon de triathlète pour effectuer des sorties pas loin des 30 km/h. Risible pour les pros de la petite reine mais quand on a aucun passé de cycliste, faut bien démarrer de quelque part.

Et me voilà donc ce dimanche aux abords de la carrière de Maffle pour enchaîner 1500 mètres de natation, 42 kilomètres en vélo et 10 en course à pied. Selon mes projections les plus optimistes, j’envisage nager 40’, pédaler 1H30 et courir 50’. Si on ajoute les temps de transition, je devrais au mieux terminer sous les 3H15 …

Le départ est donné dans une eau à 21°, la plupart des gens sont en combi et quelques téméraires en maillot. Très vite, je trouve mon rythme et repense aux cours de natation pris, bien allonger les bras, bien respirer et consulter les bouées tous les 16 mouvements. Si mes mouvements sont fluides, je ne parviens pas à nager bien en ligne et effectue le premier slalom géant horizontal de Chièvres…  Le second tour passe beaucoup mieux, j’ai mon rythme et ne m’en départis pas, bien respirer et essayer de glisser dans l’eau. Je n’accélère qu’à l’approche des bouées pour dépasser les autres concurrents qui pourraient me gêner dans mon virage. Par rapport à la Meuse au tri de Namur, l’eau est bien propre et si l’effort est rude, je trouve finalement l’épreuve plaisante.

Tri Ch3Je sors de l’eau sans aucune idée de chrono et me dirige vers l’aire de transition. J’enlève ma puce et ma combi et j’entends alors le speaker annoncer qu’un concurrent sort de l’eau en 34’10. Blood and guts, j’ai nagé beaucoup plus vite que prévu ! Et si j’allais chercher la barrière des 3H ? Alors que je termine ma transition, je refais mentalement tous mes calculs… au point qu’au moment où je sors du parc à vélo, je m’aperçois que j’ai oublié de remettre ma puce chronométrique. Je retourne à mon sac, retourne tout et elle est introuvable ! Où est passé ce foutu bracelet ? Je retourne une nouvelle fois le tout et la retrouve scratchée à ma combi. Je suis en train de perdre tout le temps que j’ai gagné en nageant convenablement ! Enfin, je sors du parc, enfourche la machine et c’est parti pour les 42 bornes …

42 bornes dont les 6 initiales nous amènent à la grand’place de Chièvres afin d’attaquer ensuiteTri Ch 1 un circuit de 12 kilomètres à effectuer 3 fois. Le parcours présente quelques difficultés dont un passage pavé digne du carrefour de l’arbre. Le vent de face sur certaines portions en rase campagne m’empêche de « tirer grand » comme je l’aurais voulu. Le parcours est fait de lignes droites entrecoupées de virages à 90° et donc de multiples relances en danseuse. Pour être dans la fenêtre temporelle prévue, je dois boucler le parcours en 1H30 soit à du 28km/h de moyenne mais je vois bien au gré des différents tours que je ne parviens pas à tenir cette moyenne. Je suis un chouia en dessous à l’arrivée quand je remets mon vélo dans son emplacement après 1H32 de cyclisme.

La deuxième transition se passe bien mieux que la première et j’entame les 10 kilomètres de CAP. Un coup d’œil au chrono géant affiché sur la ligne d’arrivée et le départ a été donné il y a 2H et 11 minutes… Il me reste donc 49’ pour passer sous les 3H. Le coup est jouable à condition de bien maîtriser la course ! Me revient alors le conseil d’Yves Meurisse ! Surtout ne pars pas trop vite, laisse tes jambes se mettre dans le rythme et dans cet autre mouvement. Je démarre donc lentement et termine le 1er kilomètre en 4’35. Si je garde cette cadence, je tiens mes 3H.

Le circuit n’est pas évident, il est en deux boucles de 5 kilomètres avec ravitaillement après 2.5, 5 et 7.5 kilomètres.  Le ravitaillement est toujours en eau et je regrette n’avoir pas pris de solide avec moi. Pas de gel, pas de fruit, j’en aurais bien eu besoin mais dans l’ensemble je gère.

Je remonte un grand nombre de concurrents et sur toute la partie CAP, personne ne me dépassera. Le premier tour est ponctué par une vingtaine de marches d’escalier et je sens les crampes poindre dans les cuisses, endroit inhabituel en ce qui me concerne et séquelles du vélo à n’en pas douter. Je pars pour le second tout et le chrono indique 2H34… 26’ pour 5 kilomètres, une marche adeps dit-on dans les vestiaires de Fleurus Athlétisme.  Ca va le faire, ça ne peut pas ne pas le faire ! Sixième kilomètre et je décompte la distance en tours de piste. Allez, 4 kilomètres, 10 tours de piste… Je remonte encore des concurrents et je sens que les crampes sont proches mais cela tient ! Tenir le plus loin possible. Dernier ravito, reste 2.4 kil et je suis en 37’. Tout donner poTri Ch2ur ne rien regretter.

 

Je cours toujours et la cadence reste identique, dernier kilomètre, dernière volée d’escaliers et je débouche sur la grand’place. Le chrono indique 2H57 et il me reste 100 mètres. Je souris, j’y suis et cette joie me transporte jusqu’à la ligne.

 

 

 

Deux mots pour conclure. Superbe organisation à Chièvres. C‘était ma deuxième participation après avoir fait le promo l’an passé et tout est fait pour la satisfaction du participant.

 

Ensuite merci à Laurence, à Muriel et à Patrick pour l’exemple qu’ils constituent et leurs encouragements parfois presque quotidiens. Ce n’est qu’un début, I have a dream !   

Publié dans Compte-rendus

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